Yehuda Aln'kaoua יהודה אלנקאוה
XVᵉ s.
Tlemcen · Mostaganem · Oran
Notice
- Rôles
-
- Rabbin
- Famille
- Aln'kaoua (Encaoua, Ankawa…)
- Lieux d’activité
- Tlemcen · Mostaganem · Oran
Vie
Yehuda Aln’kaoua est l’un des fils d’Ephraïm Aln’kaoua, fondateur de la communauté juive de Tlemcen. Il vit au XVᵉ siècle, successivement à Oran, Mostaganem et Tlemcen (David Encaoua, Généalo-J n°135, 2018).
Sa place dans la fratrie reste discutée par les sources généalogiques. Les sources tlemcéniennes traditionnelles le situent comme l’un des deux fils principaux, aux côtés d’Israël (l’aîné, à qui le Sha’ar Kevod Hashem a été dédié par leur père). Certaines sources évoquent également un troisième frère, Salomon, voire un quatrième.
Correspondance halakhique avec le Rashbash
Yehouda Aln’kaoua entretenait une correspondance halakhique régulière avec le Rashbash (Shlomo ben Shimon Duran, ~1400-1467), Av Beit Din d’Alger, attestée par David Encaoua dans Généalo-J n°135 (2018).
Cette correspondance — d’autant plus précieuse que la deuxième génération Aln’kaoua à Tlemcen est la moins bien documentée par les sources internes au projet — témoigne :
- du rayonnement intellectuel de Yehouda, suffisamment reconnu comme autorité rabbinique pour échanger avec le chef du tribunal d’Alger ;
- de l’inscription de Tlemcen dans le réseau dense des échanges entre Alger, Constantine, Honein, Tenes, Mostaganem et Oran au XVᵉ siècle ;
- d’une convergence doctrinale entre les deux dynasties — toutes deux ancrées dans le rationalisme maïmonidien, opposé à la Kabbale lourianique alors en plein essor à Safed.
Si certaines de ces lettres figurent dans le Sefer ha-Rashbash (Livourne, 1742), elles constitueraient une source primaire de premier ordre pour documenter la vie de la communauté de Tlemcen dans la génération qui suit immédiatement Rav Ephraïm. Une recherche ciblée sur les occurrences de תלמסאן (Tlemcen), הוניין (Honein), אלנקאוה (Aln’kaoua) et אפרים (Ephraïm) dans le recueil imprimé permettrait d’identifier les responsa pertinentes.
Alliance matrimoniale Aln’kaoua-Duran
À la génération suivante (génération III post-1391), l’une des filles de Yehouda Aln’kaoua épouse Tzemaḥ ben Shlomo Duran — petit-fils du Rashbatz et fils du Rashbash, futur co-auteur du recueil Yakhin u-Voaz (Livourne, 1782).
Cette alliance scelle l’union des deux dynasties rabbiniques fondatrices du judaïsme algérien post-1391, dans une logique d’entrelacement des deux écoles : celle d’Alger autour des Duran (halakha et droit), celle de Tlemcen autour des Aln’kaoua (spirituel et kabbale).
Correction généalogique (mai 2026) — les sources internes au projet ont parfois rapporté deux versions erronées :
| Erreur fréquente | Fait établi |
|---|---|
| « le gendre de Yehouda est fils du Ribash » (Yitzhak ben Sheshet Perfet) | Le Ribash et le Rashbatz n’ont aucun lien de parenté — simple succession au poste d’Av Beit Din d’Alger sans filiation. |
| « le gendre de Yehouda est fils du Rashbatz » (génération II) | Le gendre est fils du Rashbash — donc petit-fils du Rashbatz, à la génération III. |
Source d’autorité pour la généalogie Duran sur trois générations : Encyclopaedia Judaica, articles Duran, Simeon ben Solomon et Duran, Solomon ben Simeon. Cf. également la note de recherche Note_Rashbash_Alnaqua du dossier docs/encaoua-sources/.
Question œuvre — Yakhin u-Voaz est-il de Yehouda ?
La tradition tlemcénienne attribue à Yehouda Aln’kaoua le Yakhin u-Voaz. Cette attribution est très probablement fautive : le Yakhin u-Voaz est un recueil de responsa publié à Livourne en 1782, dont la première partie est due à Tzemaḥ ben Shlomo Duran et la seconde à son frère Shimon ben Shlomo Duran ha-Sheni — tous deux petits-fils du Rashbatz et fils du Rashbash.
La confusion provient probablement de la proximité dynastique entre les deux familles (Tsemah Duran est le gendre de Yehouda Aln’kaoua), ainsi que d’une lecture mal-attribuée des responsa qui circulaient sous des noms voisins dans le monde rabbinique algéro-tlemcénien.
Aucune œuvre écrite de Yehouda lui-même n’est donc à ce jour fermement attribuée — sauf, potentiellement, les lettres halakhiques au Rashbash dispersées dans le Sefer ha-Rashbash (Livourne, 1742) qui restent à identifier.
Postérité
Selon les généalogies traditionnelles, c’est de Yehuda et de son frère Israël que descendent toutes les branches Aln’kaoua, Encaoua, Ankawa, Ancaoua, Enkaoua, N’kaoua, Elnekave et autres graphies attestées aujourd’hui en Algérie, au Maroc, en Israël et dans la diaspora mondiale. Parmi les descendants illustres figurent Rabbi Refael Encaoua de Salé (1848-1935), grand rabbin du Maroc moderne.
Sources et bibliographie
Sources primaires :
- Sefer ha-Rashbash (Livourne, 1742) — recueil des responsa du Rashbash, susceptible de contenir les lettres échangées avec Yehouda Aln’kaoua. Identification ciblée à conduire.
- Abraham Encaoua, Zevaḥim Shelemim, Oran, XIXᵉ s. (source généalogique sur la branche oranaise).
Sources secondaires :
- David Encaoua, « Les Encaoua : une famille rabbinique de Tlemcen », Généalo-J n° 135, automne 2018 — atteste la correspondance halakhique Yehouda Aln’kaoua – Rashbash et le mariage de la fille de Yehouda avec Tzemaḥ ben Shlomo Duran.
- Encyclopaedia Judaica, articles « Duran, Simeon ben Solomon » et « Duran, Solomon ben Simeon » — généalogie complète des Duran sur quatre générations.
- Site Morial (descendants oranais), notice biographique du Rab de Tlemcen.
- Wikipédia français, « Ephraim Al-Naqawa » (consulté mai 2026).
- H. Z. Hirschberg, A History of the Jews in North Africa, 2 vol., Brill, 1974-1981.
Documentation interne :
- Dossier de recherche Encaoua de Bernard Bensaïd, docs/encaoua-sources/ (2026) — notamment Note_Rashbash_Alnaqua et Encadre_Rashbash_Alnaqua (clarification de la généalogie Duran-Aln’kaoua sur trois générations).
- Notice à compléter par dépouillement du Shem ha-Gedolim du Ḥida (probable mention).
Œuvres et témoins manuscrits
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Correspondance halakhique avec le Rashbash (dispersée dans le Sefer ha-Rashbash, Livourne 1742) — responsa à identifier
Témoins manuscrits non encore identifiés dans le catalogue.
Filiations
Contributions communautaires
Notes, sources et corrections soumises par les membres et validées par l'équipe scientifique.